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Une charte pour rassurer

25 août 2020
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DAX Les établissements thermaux veulent communiquer sur l’excellence sanitaire pour relancer cette saison très délicate.

Avez-vous vu les curistes, cet été dans les rues de Dax ? Si cette saison thermale inédite s’annonce compliquée pour les acteurs de la filière, la haute saison approche, et les établissements prennent leur communication en main. « De toute façon,nous devons nous fédérer autour d’un même objectif, faire venir les curistes à Dax », résume Sébastien Carpentier.

D’où la satisfaction de   présenter, jeudi 20 août, la signature de la « Charte sanitaire station thermale », traduisant la mobilisation de tout un territoire pour assurer la continuité de la sécurité sanitaire durant les séjours des curistes. Établissements, Ville, médecins thermaux et Association des cafetiers étaient réunis pour réaffirmer la mobilisation de chacun. Pour Julien Dubois, maire de Dax, cette crise a donc aussi des vertus. « Il y a des initiatives intéressantes, pour que les acteurs puissent poursuivre leurs activités. Nous tentons de rester vigilants

et à l’avant-garde par rapport à cette situation sanitaire. » Quitte à surprendre, en n’imposant pas le port du masque dans les rues les plus fréquentées du centre-ville ? « Nous réagissons au fur et à mesure et, pour l’instant, nous estimons qu’il n’est pas nécessaire d’imposer le port du masque, en dehors des marchés, braderie ou autres événements réunissant du monde. » De toute façon, dans les rues de Dax, les curistes portent déjà le masque naturellement.

Loin du remplissage habituel Pour Virginie Bérot, directrice des thermes Bérot, il est encore possible de recevoir de nouvelles réservations, à la faveur de la rentrée scolaire et du départ des touristes. « Notre département est peu touché par le virus, autant le faire savoir. Cette charte, appliquée depuis deux mois, engage tous les acteurs socio-économiques, et c’est ce qui fait notre force : les stations thermales sont libres de l’appliquer ou pas, mais ici, nous  avons mis en place les bonnes  pratiques. » Le secteur ne reste-t-il pas à la merci de la communication nationale ? Selon Jean-Charles Pressigout, directeur des thermes Borda, les annulations ne sont pas si nombreuses. « Nous avons évidemment des gens qui annulent  leurs séjours parce que les nouvelles ne sont pas bonnes partout. Il est encore un peu tôt pour faire un point précis sur les chiffres, mais nous sommes, en moyenne, à 60 à 70 % de nos taux d’occupation habituels dans les établissements du Grand  Dax. Sur l’année, nous serons sans doute à moins 50 %, ce qui reste totalement inédit. »

L’espoir de prolonger la saison Quant au surcoût entraîné par les mesures sanitaires, il est aussi à prendre en compte. « Pour limiter le nombre de curistes au même moment en soins ou dans les bassins, nous avons étalé les soins sur l’ensemble de la journée, et il y a évidemment une perte de productivité, poursuitJean-Charles Pressigout. Le mètre carré par Curiste n’est pas  le même dans chaque établissement, chacun s’adapte au mieux. Nous espérons pouvoir prolonger la saison plus tard  dans l’année, même si ça ne rattrapera pas les pertes du printemps.

En attendant, nous continuons d’accueillir nos clients, de même que les commerçants, les restaurateurs, et tous les acteurs  qui vont d’ailleurs pouvoir afficher cette charte dans leurs vitrines. »

 

Une charte signée par l’ensemble des professionnels socioéconomiques dacquois vise à rassurer les curistes, qui hésitent encore à réserver. PHOTO PHILIPPE SALVAT

Pour Michel Duprat, médecin thermal, les établissements se sont plutôt bien adaptés. « Depuis février,nous avons connu des hauts et des bas, mais nous avons su réagir. Dans une cure thermale, le curiste ne passe que deux ou trois  heures par jour en soin, d’où l’idée de cette charte avec l’ensemble des professionnels socio-économiques.  Plus on avance dans cette crise, plus on apprend des choses sur ce virus, et plus on est efficace. Je pense qu’aujourd’hui, lutter contre le Covid, on maîtrise. » Le surcoût, pour les établissements, est énorme, sur une activité où les marges viennent essentiellement de la masse de curistes accueillis « entre la formation du personnel, les investissements en matériel… ». Les médecins prescripteurs ont aussi recommencé à jouer le jeu. « Nous conseillons toujours aux curistes de voir un médecin prescripteur avant d’arriver ici, mais au début de la crise, ils étaient particulièrement hésitants à envoyer des patients dans les établissements de cure. Depuis cet été, ça va un peu mieux, mais on reste à la merci de l’actualité nationale. »

Source : Sud Ouest du 24 Août 2020 / Arnauld Bernard/ a.bernard@sudouest.fr